L’ère Infantino : Vers une hégémonie mondiale sans partage ?
Alors que le calendrier international s’intensifie et que les structures du football mondial subissent des mutations sans précédent, une nouvelle est venue confirmer le cap politique de l’instance faîtière : la Confédération Asiatique de Football (AFC) a officiellement apporté son soutien à Gianni Infantino pour un quatrième mandat à la présidence de la FIFA. Ce vendredi 23 octobre 2026 marque un tournant symbolique. L’angle est clair : nous ne sommes plus dans une simple gestion de routine, mais dans une phase de consolidation d’un nouvel ordre mondial où le centre de gravité du football se déplace inexorablement hors de ses bases européennes historiques.
L’axe Zurich-Kuala Lumpur : la fin du monopole européen
Le soutien massif de l’AFC n’est pas une surprise, mais il souligne la réussite de la stratégie de Gianni Infantino : celle de la « démocratisation » par l’expansion. En augmentant le nombre de participants à la Coupe du Monde masculine et en multipliant les compétitions internationales, le président actuel a su s’attirer les faveurs des confédérations qui, pendant des décennies, se sentaient sous-représentées. Ce quatrième mandat, qui se profile sous le signe de la continuité, valide une vision où le poids politique de l’Asie et de l’Amérique du Nord devient le principal moteur de décision, souvent au détriment des intérêts des ligues nationales européennes saturées.
Cette dynamique s’inscrit dans une tendance de fond : le football devient un produit global dont la croissance ne dépend plus exclusivement des pelouses de Premier League ou de Serie A. Le fait que l’AFC, représentant des marchés en pleine explosion comme l’Arabie Saoudite ou l’Asie de l’Est, se range derrière Infantino assure à ce dernier une base électorale quasi inattaquable. C’est la victoire de la diplomatie sportive sur la contestation institutionnelle, illustrant une FIFA plus puissante que jamais, capable d’imposer son propre rythme au calendrier mondial.
L’expansion tous azimuts : du Club World Cup au football féminin
L’actualité récente ne se limite pas aux couloirs de la politique. Elle se traduit concrètement sur le terrain par une multiplication des formats. L’annonce de la création de la première Coupe du Monde des Clubs Féminine, prévue pour janvier 2028 aux États-Unis, en est la preuve flagrante. La FIFA ne se contente plus de gérer le football de sélection ; elle cherche désormais à s’approprier le succès croissant du football féminin de club, suivant le modèle de sa version masculine élargie. Cette stratégie vise à saturer le marché avant que d’autres acteurs ne s’en emparent.
Sur le plan sportif, cette mondialisation produit des résultats fascinants et parfois inattendus. Tandis que des icônes comme Lionel Messi continuent de recevoir des honneurs en Europe, le terrain, lui, montre une réduction de l’écart entre les puissances établies et les outsiders. La victoire historique de Bournemouth contre l’AC Milan en Europa League, ou la capacité d’un club comme Estudiantes à se hisser en finale de la Libertadores grâce aux exploits d’un vétéran comme Muslera, témoignent d’une redistribution des forces. Le football de 2026 est un sport où les hiérarchies sont de plus en plus poreuses. En favorisant cette expansion, la FIFA d’Infantino parie sur un spectacle permanent, quitte à épuiser les organismes, mais avec la certitude de capter l’attention de nouveaux marchés, de l’Indonésie aux États-Unis, assurant ainsi la pérennité financière de son modèle pour la décennie à venir.